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Maison Bécam ouvrira une nouvelle boulangerie par mois

  • Par Justine Laguigner

Maison Bécam ouvrira une nouvelle boulangerie par mois

Entretien avec Nicolas Bécam, fondateur de la Maison Bécam

Propos recueillis par Florent Godard - 01 avril 2021

Maison Bécam compte étendre son réseau de 10 boulangeries aujourd’hui à plus de 20 boutiques d’ici 2022. L’enseigne angevine optera pour des magasins en propre ou via une licence de marque. Interview de Nicolas Bécam, son fondateur.

L’enseigne Maison Bécam emploie 150 personnes, dont 50 apprentis dans 8 boutiques à Angers et ses environs. Sans compter les deux boutiques nantaises qui viennent de rejoindre le réseau, les premières en licence de marque. D’autres ouvertures figurent-elles dans les cartons ?

Nicolas Bécam : Oui. Plusieurs projets sont en cours. D'abord à Nantes, où nous avons repris quatre boutiques de l’enseigne " Boulangeries d’Antan " en 2020. Les deux premières ont déjà ouvert, les autres démarreront en avril. En mai, deux nouvelles boutiques ouvriront à Orléans. À la rentrée 2021, le rythme va ensuite s’accélérer avec une nouvelle boulangerie prévue chaque mois, avec un développement géographique en escargot : à Angers, à Cholet, puis j’espère à Bordeaux, à Pau et à Paris. Entre autres. Notre ambition : atteindre les 24 boutiques courant 2022, principalement dans un rayon de 3 heures de route autour d’Angers. Puis de continuer sur le même rythme en 2023. Soit en ouvrant des boutiques neuves, soit en reprenant des sites existants, en transformant d’autres commerces en boulangeries…

Quelle sera alors la taille de votre réseau en termes d’effectif et de chiffre d’affaires ?

Avec un réseau de 24 boutiques en 2022, cela porterait l’effectif à environ 470 personnes. Question chiffre d’affaires, celui-ci devrait progresser, de 8 millions d’euros environ en 2019-2020 sur nos magasins en propre, avec un exercice clôturé au 31 août, pour atteindre 11 millions en 2021, en incluant les boutiques en licence de marque concédée à des entrepreneurs-boulangers. Puis 22 millions en 2022. C’est ce qu’on espère.

Vous et votre épouse avez débuté en 2005 avec une première boulangerie en centre-ville d’Angers. Avant de bâtir patiemment votre réseau. Qu’est-ce qui explique ces ouvertures de boutiques en cascades ?

Aujourd’hui, notre modèle économique a fait ses preuves. Qu’il s’agisse du choix des emplacements, en centre-ville, centres commerciaux, périphéries, sur des ronds points, etc., qu’il s’agisse de la gamme de produits, du niveau de valeur ajoutée créée, de notre stratégie managériale…

Par ailleurs, grâce à notre nouveau concept de boutique, Maison Bécam va pouvoir monter en gamme. Ce qui nous manquait pour passer un cap. Notamment avec un nouveau concept de magasin, doté d’une architecture différente, avec du parquet et beaucoup de menuiseries en bois, un choix de luminaires, de nouvelles couleurs… Cela passe aussi par l’ajout d’une verrière avec vue sur le fournil pour voir le spectacle en direct. Pour que le client constate qu’on travaille dans les règles de l’art : on pétrit, on façonne et cuit sur place tous nos pains et viennoiseries. Bref, que nous sommes de vrais boulangers. Un concept global qui s’inspire ici et là de nombreux confrères, comme Le Grenier à Pain, La Maison Feuillette ou la Maison Eric Kayser à Paris…

Autre nouveauté, avec des boulangeries de 250 à 400 m², voire plus, on cible aussi une clientèle d’entreprises ou de clubs d’affaires, avec des espaces de réunions privatisables, confortables, climatisés, équipés de rétroprojecteurs, etc.

Maison Bécam monte aussi en gamme dans son offre de boulangerie-pâtisserie, viennoiserie, snack, pizzas et salon de thé. Pour ce faire, le vainqueur de la coupe du monde de pâtisserie, Mathieu Blandin nous aide à nous améliorer depuis un an déjà. Tout y passe : recettes, ingrédients, matériel. J’ai par exemple investi dans une "découpe jet d’eau" pour réaliser des parts de gâteaux beaucoup plus précises que celle que fait un pâtissier avec son couteau. Le meilleur ouvrier boulanger de France va aussi venir nous challenger.

Quel impact aura eu l’année 2020 et la crise sanitaire ?

Concrètement, nous avons perdu 600 000 euros de chiffre d’affaires au total, à cause des confinements et des fermetures de boutiques dans les centres commerciaux. Mais il n’y a pas eu de licenciement. Et côté financier, le résultat est resté positif, bien que dégradé.

Une fois dit cela, je n’en retire pas que du négatif. Le confinement m’a permis de prendre du recul et d’avancer sur mon modèle économique. On a ainsi accéléré la digitalisation, notamment développé la boutique en ligne. Certes, elle existait déjà, mais on ne s’en occupait pas assez. Un petit exemple, notre équipe a investi dans les Facebook Ads, j’étais un peu perplexe, mais on s’est rendu compte que ça portait ses fruits. Les ventes du site web ont augmenté. D’autres canaux de ventes ont vu le jour, comme les coffrets de la marque "Produit en Anjou" vendus en ligne et récupérés en drive. La marque va d’ailleurs lancer d’autres nouveautés, notamment pour Pâques.

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